Un portefeuille bien diversifié comporte généralement des titres à revenu fixe et des titres à revenu variable (actions). 

Un titre à revenu fixe est l’équivalent d’un prêt consenti par un investisseur à un émetteur. En retour, l’émetteur s’engage à verser les intérêts prévus au contrat et à rembourser le capital à la date d’échéance.

Quels sont les principaux marchés de titres à revenu fixe ?

Marché monétaire : consiste en des placements d’échéance de moins d’un an. Voici les principaux produits : 

  • Bons du Trésor : ils sont émis par le gouvernement fédéral et les provinces. 
  • Papier commercial : titre d’emprunt à court terme non garanti émis par une société. 
  • Acceptations bancaires : titre d’emprunt émis par des sociétés dont le remboursement est garanti par une banque. 

Marché obligataire : consiste en des placements d’échéance de plus d’un an. Voici les principaux produits : 

  • Obligations gouvernementales : Fédéral, provincial, municipal 
  • Obligations corporatives 

 Quel est le rôle des titres à revenu fixe dans un portefeuille ? 

  • Ils assurent une stabilité et une diversification au portefeuille, car ils sont moins volatils que les actions. 
  • Ils assurent un revenu prévisible, car le coupon (revenu d’intérêt) est connu à l’avance. 
  • Ils assurent une source de liquidité au portefeuille.

La relation entre les taux d’intérêt et le prix des titres à revenu fixe 

Comme son nom l’indique, les revenus d’intérêt sont connus d’avance et sont indiqués dans un contrat (par exemple, un taux d’intérêt de 4% par année). 

 Comment calcule-t-on le prix d’une obligation ? 

Pour ce faire, nous devons recourir au concept d’actualisation que nous avons vu dans la chronique sur les bases de l’investissement.   

Il s’agit d’actualiser les coupons à recevoir aux différentes périodes et le capital à l’échéance.

Où Prix = P, cpnn = Coupon de la période n, i = Taux d’Intérêt, CN= Capital, ∑ = Somme, N = Période restant jusqu’à l’échéance, tn = temps restant d’ici la réception du flux monétaire.

Bref, on ramène tous les flux monétaires à recevoir en date d’aujourd’hui.  Les coupons sont connus, mais le taux fluctue sur le marché selon les anticipations et l’appétit au risque des investisseurs.

Regardons quelques exemples :

Une nouvelle obligation d’échéance 5 ans est émise par le Gouvernement du Canada.

Le taux d’intérêt actuel sur le marché pour ce terme est actuellement de 2%. Le coupon de cette nouvelle obligation sera fixé à 2%.

Un investisseur prêtera 100$ aujourd’hui en échange de 5 paiements annuels de 2$ et 100$ dans 5 ans.  Il réalisera un rendement de 2%.

Par exemple, le taux d’inflation continue de grimper et fait en sorte que les investisseurs exigent dorénavant 2,5% d’intérêt pour ce terme.  Les coupons de 2$ ont déjà été fixés.  Si un nouvel investisseur veut obtenir 2,5% de rendement, le prix doit nécessairement baisser pour qu’il soit intéressé par cette obligation. Techniquement, l’investisseur va actualiser les flux monétaires fixes à 2,5% au lieu de 2%.

Cet investisseur prêtera 97,68$ aujourd’hui contre 5 paiements annuels de 2$ et 100$ dans 5 ans. Il réalisera un rendement de 2,5%.

Maintenant, la récession pointe à l’horizon et on anticipe que la Banque du Canada commence à baisser son taux directeur. Les investisseurs exigent dorénavant 1,5% d’intérêt pour ce terme.  Les coupons de 2$ ont déjà été fixés.  Si un nouvel investisseur veut obtenir 1,5% de rendement, le prix doit nécessairement monter, car la demande pour cette obligation (à coupons plus élevés) sera plus grande. Techniquement, l’investisseur va actualiser les flux monétaires fixes à 1,5% au lieu de 2%.

Cet investisseur prêtera 102,39 $ aujourd’hui contre 5 paiements annuels de 2$ et 100$ dans 5 ans. Il réalisera un rendement de 1,5%.

Les exemples précédents nous démontrent bien que le prix des obligations est inversement relié aux mouvements des taux d’intérêt.

Quels sont les facteurs qui influencent les titres à revenu fixe ?

  • Le taux sans risque est le taux directeur de la Banque centrale
  • La fluctuation des taux d’intérêt varie en fonction de la conjoncture économique.
  • Les instruments de plus longue échéance offrent généralement un rendement plus élevé que les instruments à plus courte échéance.
  • La courbe des taux d’intérêt est une représentation graphique des taux de rendement de marché d’un émetteur selon leur échéance. Or, les variations de taux ne sont pas identiques sur la courbe, dépendamment de la politique monétaire, de l’inflation, etc.
  • La qualité du crédit de l’émetteur. Moins la solidité financière de l’émetteur est élevée et plus les investisseurs demandent des taux d’intérêt élevés.

La relation risque – rendement des titres à revenu fixe

Revenons sur le concept de risque et rendement.  Plus un investissement est risqué (et volatil) et plus le rendement exigé sera élevé.  Un investisseur sera prêt à tolérer une certaine volatilité en échange d’une espérance de gain plus élevée.

On peut représenter le rendement d’un actif comme une combinaison de primes de risque. Le graphique suivant est une représentation sommaire des primes de risques pour divers placements.

Regardons un exemple d’une obligation corporative (en date du 16 nov. 2021):

Une obligation d’échéance 5 ans de Bell Canada.

Taux sans risque (Bons du Trésor Canada 3 mois) = 0,12%

Obligations Gouvernement Canada 5 ans = 1,51% (prime d’échéance de 1,39%)

Obligations de Bell Canada 5 ans = 2,82% (prime de crédit de 1,31%)

Donc, le taux de rendement actuel d’une obligation de Bell Canada 5 ans est composé de 3 primes :

Taux sans risque de 0,12% + prime d’échéance de 1,39% + prime de crédit de 1,31% =2,82%

Ces primes fluctuent dans le temps et ont leurs dynamiques propres.

Lors de la prochaine chronique, nous poursuivrons l’approfondissement du concept de primes de risque et analyserons la classe d’actif des Actions.

Frédéric Mercier CFA, SIPC

Directeur – Marchés financiers