Revue des marchés financiers – Novembre 2021

par | Nov 3, 2021

COMMENTAIRES :

Après un début de mois difficile, le marché boursier a repris son aplomb et a terminé le mois avec de nouveaux sommets, tant au Canada qu’aux États-Unis.  La performance du dernier mois a été impressionnante avec des rendements de 7% et 5% respectivement pour le S&P 500 et le S&P/TSX.

Les mois de novembre et de décembre sont généralement de très bons mois en bourse.  Cela débute également la période de 6 mois (novembre à avril) qui procure habituellement la majeure partie des gains annuels.  Plusieurs facteurs fondamentaux peuvent expliquer cette saisonnalité.  En effet, durant cette période les sommes investies (par exemple, la saison des REER) dans les portefeuilles sont plus élevées, l’aversion aux risques est plus faible et les rachats d’actions des entreprises (stock buyback) sont effectués majoritairement dans cette période.

La reprise économique mondiale se poursuit. Pour 2022, le Fonds Monétaire International (FMI) s’attend à une croissance du PIB de 5,2 % aux États-Unis et de 4,9% au Canada.

Pour ce qui est de l’inflation, les plus récentes prévisions de la Banque du Canada sont de 3,4% en 2022 et de 2,3% en 2023.

Les résultats de la plus récente enquête de la Banque du Canada sur les perspectives des entreprises démontrent que les entreprises s’attendent à une hausse de la demande. Les intentions d’embauche fracassent des records de même que les hausses salariales.

 

Au niveau de la COVID-19, les infections sont en recul dans le monde (voir le graphique suivant). C’est le cas dans la majeure partie des États-Unis, du Canada, ainsi que des pays développés et émergents.

Quant à la Chine, Evergrande a évité jusqu’à maintenant un défaut de paiement.  Cependant, les taux d’intérêt ont explosé en Chine pour les entreprises similaires à Evergrande (ligne noire sur le graphique). Heureusement, il n’y a pas encore eu de contagion sur les autres marchés internationaux (ligne bleue et rouge).

Avec cette forte reprise de l’économie mondiale, les autorités monétaires commencent à télégraphier des hausses de taux plus rapides et plus musclées et les marchés réagissent.  En date du 31 octobre, le prix des obligations à court terme reflétait une hausse de 1,30% (0,25% dans le moment) du taux directeur au Canada d’ici 1 an.  Ces hausses anticipées ont mis de la pression sur le marché obligataire canadien.  Pour un 2e mois consécutif, l’indice obligataire S&P Canada a réalisé un rendement négatif.

Une économie mondiale en forte croissance ainsi qu’une inflation élevée engendrent une réévaluation (par les analystes) sans cesse des bénéfices prévus des entreprises cotées en bourse. Le cours des actions a augmenté, mais pas aussi vite que les bénéfices prévus.

Donc, malgré les hausses boursières, les évaluations sont plus raisonnables qu’il y a un mois.  La bourse américaine (en bleu dans le graphique suivant) demeure tout de même chère par rapport à son historique.  Les autres marchés boursiers mondiaux (en rouge) se transigent en ligne avec leur historique.

THÈME DU MOIS: CYCLE ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE MONÉTAIRE

En 2020, la pandémie de Covid a brusquement plongé les économies du monde en récession. Les autorités monétaires mondiales ont dû ajuster leurs politiques monétaires rapidement et fortement.

Qu’entend-on par cycle économique ?

Un cycle économique est une période durant laquelle plusieurs phases de l’activité économique se succèdent. Il est composé de 4 phases : le sommet, la récession, le creux et l’expansion.

Le sommet est le point dans le cycle où l’activité économique (PIB) est à son niveau le plus élevé.  Le sommet est suivi d’une période de contraction de l’économie (récession).  Le creux est atteint lorsque l’activité économique atteint son plus bas.  Par la suite suit une période d’expansion qui se poursuivra jusqu’au prochain sommet.

Qu’est-ce que la politique monétaire et quels sont ses objectifs ?

Au Canada, la politique monétaire vise maintenir l’inflation à un niveau bas, stable et prévisible.  La Banque du Canada a une cible d’inflation de 2% avec une bande de fluctuation de +/- 1%, donc une fourchette entre 1% – 3%.

Quel est le lien entre le cycle économique et la politique monétaire ?

L’emploi et l’inflation ont des comportements cycliques.  En fin de cycle (on s’approche du sommet), l’économie opère à pleine capacité, le chômage est faible et il y a de la pression sur les prix.  La Banque centrale augmente progressivement ses taux d’intérêt afin de maintenir l’inflation sous contrôle.  À l’inverse, lorsque l’économie commence à ralentir et que les pressions sur l’inflation s’affaiblissent, la Banque abaisse ses taux.

Où en sommes-nous présentement?

Avec une inflation prévue de 3,4% en 2021 et le même niveau en 2022, la Banque du Canada se doit de réagir en augmentant ses taux, probablement en décembre 2021.

Tel que mentionné précédemment, actuellement le prix des obligations à court terme reflétait déjà un taux directeur au Canada à 1,5% en décembre 2022. Les taux ont donc déjà monté!  Regardons le taux 2 ans du Gouvernement du Canada.  Au printemps 2021, le taux oscillait à 0,25% (soit équivalent du taux directeur).  Présentement, ce taux est à 1,07%, soit la moyenne anticipée du taux directeur d’ici les 2 prochaines années.

Doit-on craindre les hausses de taux des autorités monétaires ?

Une des difficultés de la mise en œuvre de la politique monétaire réside dans le fait que les variations des taux impactent l’économie seulement 12 à 18 mois plus tard. Comme on peut le voir dans le graphique suivant, les hausses de taux auront leurs effets vers la mi-2023. D’ici là, l’économie devrait bien se porter.

Au niveau des taux d’intérêt à plus long terme, ils sont maintenant près de leur niveau d’équilibre. Au niveau des marchés boursiers, ils continuent généralement de bien performer en période de restriction monétaire.

CONCLUSION :

Avec les hausses de taux, il est maintenant intéressant d’investir dans le marché obligataire canadien. Au niveau boursier, la saisonnalité est positive et les bénéfices des entreprises sont forts.  On ne doit pas craindre les hausses de taux à court terme.

Frédéric Mercier CFA, SIPC

Directeur – Marchés financiers

 

 

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