Revue des marchés financiers – Janvier 2025

par | Fév 6, 2025

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REVUE DES MARCHÉS FINANCIERS :

Le mois de janvier a été caractérisé par des secousses de volatilité, gracieuseté du président Trump.  Malgré cela, les marchés boursiers ont terminé en hausse, suite aux bons résultats financiers des entreprises et à la baisse de l’inflation. La bourse américaine a progressé de 2,8%, tandis que la bourse canadienne a grimpé de 3,5%.

Ailleurs dans le monde, les bourses ont été fortement positives, avec un rendement de 4,8% en Europe-Asie.

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La Banque du Canada a, une fois de plus, abaissé son taux directeur en janvier (-0,25%).  Le taux directeur atteint maintenant 3%. Aux États-Unis, le taux des fonds fédéraux est demeuré inchangé à 4,33%.

Les taux canadiens d’échéance 10 ans ont reculé de 0,16%, engendrant une forte performance de 1,20% pour l’indice obligataire canadien.

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PERSPECTIVES :

Économie :

Deux événements qui sont survenus dans la dernière semaine risque d’avoir des impacts importants dans la sphère économique et financière :

  • La mise en place de tarifs douaniers de 25% par l’administration Trump.
  • Le lancement du robot conversationnel de DeepSeek.

La mise en place de tarifs douaniers de 25% par l’administration Trump :

Les économistes s’entendent pour dire que la guerre commerciale avec le Canada est irrationnelle et non basée sur les faits.  Et non, les États-Unis ne subventionnent pas le Canada.  Les chaînes d’approvisionnement sont fortement intégrées depuis la création du libre-échange.  Tout le monde y perd.

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Les manœuvres de Trump ne font qu’augmenter l’incertitude et la volatilité des marchés.  Il est très difficile pour les entreprises d’investir avec autant d’incertitude.

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Lors de la guerre tarifaire États-Unis- Chine de 2018-2019, l’augmentation de l’incertitude a engendré plusieurs corrections de la bourse américaine.

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Toujours en 2018-2019, la hausse des tarifs a engendré un choc tarifaire aux consommateurs américains, telle une hausse de taxe.  Ce fut négatif pour le PIB.  Lors de l’annonce des tarifs en 2025, la réaction a été dans ce sens.  Les actions ont corrigé, mais les obligations ont pris de la valeur (ce qui ne serait pas arrivé si des craintes inflationnistes avaient été anticipées)

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Bref, il est difficile de prévoir ce qui va se passer, mais les sites de paris voient déjà que cette guerre sera très courte. Avant même de débuter, les tarifs sont déjà repoussés d’un mois !

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Le lancement du robot conversationnel de DeepSeek :

Bien que plusieurs éléments suscitent des interrogations (notamment les coûts minimes de développement), les experts s’entendent pour dire qu’il s’agit d’une percée technologique importante. En effet, DeepSeek obtient des performances similaires à ce qui se fait déjà sur le marché, mais avec une efficience radicalement améliorée.  À un nombre de calculs donnés, DeepSeek serait 94% moins coûteux (notamment en termes d’énergie) que ChatGPT.  Finalement, le code du logiciel est public, permettant aux autres joueurs d’améliorer leur efficacité et leur performance.

À moyen terme, c’est une très bonne nouvelle pour l’économie en général.  À mesure que l’intelligence artificielle se démocratise, les gains de productivité seront dispersés à l’ensemble des entreprises et organismes.   Cependant, certaines compagnies (comme Nvidia) pourraient perdre des avantages concurrentiels et se dégonfler partiellement en bourse.

Avant que Trump ne commence à parler de tarifs, l’économie américaines allait plutôt bien. Les indices des nouvelles commandes manufacturières continuent de progresser, la lutte à l’inflation progresse bien, ce qui permet à la Fed de baisser progressivement ses taux.

Au niveau de l’emploi, des signes encourageants se pointent à l’horizon.  Par exemple, les intentions d’embauches de la part des petites entreprises américaines (NFIB) laissent présager que le chômage pourrait se remettre à baisser prochainement.

Indice NFIB des embauches et taux de chômage (États-Unis) :

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Bien que le marché de l’emploi semble s’améliorer, le nombre de départs volontaires continue de baisser. Le levier de négociation s’en trouve réduit, ainsi que les pressions salariales.  La baisse de l’inflation en sera facilitée.

Départs volontaires des employés et croissance des salaires (États-Unis) :

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Les conditions de crédit sont revenues pratiquement à la normale, ce qui favorise les investissements à long terme des entreprises.

Conditions de crédit et demande totale de prêts (États-Unis) :

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A l’instar des États-Unis, le Canada semble également sur la bonne voie en termes de croissance économique. La croissance anticipée des ventes est à un sommet en 4 ans, les pressions salariales sont maitrisées et les intentions d’embauches progressent également.  Finalement, comme en témoigne le graphique qui suit, les intentions d’investissement sont maintenant supérieures à la moyenne des 15 dernières années.

Enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada – intentions d’investissement :

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Revenus fixes :

L’indicateur avancé de l’inflation de la Réserve Fédérale de New York continue d’aller dans la bonne direction. L’inflation de base devrait se diriger vers 2,3% d’ici cet été.

Indicateur d’inflation de la FED et inflation de base (États-Unis) :

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La composante logement est une de celle qui pousse l’inflation générale à la baisse.  L’indice des prix des nouveaux baux de logement est maintenant en territoire négatif. Au quatrième trimestre de 2024, les prix ont baissé de 2,43% (par rapport au T4 2023), soit la plus grosse baisse depuis 2009.   Ces baisses devraient se répercuter dans les chiffres officiels d’inflation d’ici 2-3 trimestres.

Loyer des nouveaux baux de logement et l’IPC logement (États-Unis) :

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Afin de ne pas faire augmenter les taux réels, la politique monétaire continuera d’être assouplie cette année. Les intervenants de marchés anticipent des baisses totales de 0,50% aux États-Unis en 2025.

Taux d’intérêt implicites à court terme (États-Unis) :

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Marchés boursiers :

On le sait, les marchés boursiers amènent leur lot de volatilité.  Cette volatilité peut être l’arbre qui cache la forêt. De temps à autres, il est bénéfique de regarder au-delà des performances journalières.  Les grandes banques et gestionnaires de fonds publient chaque année leurs évaluations des rendements à long terme.  Cet exercice permet d’avoir une idée des rendements par classe d’actif, mais surtout leur classement. 

Sans surprise, les actions américaines offrent un faible rendement additionnel comparativement aux obligations. De plus, les rendements offerts par les marchés développés (qui incluent les USA) et les pays émergents arrivent avant ceux du marché américain.

Attentes de rendement de diverse classes d‘actif :

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Certains diront que le marché américain est plus cher que les autres, dû à sa forte pondération en titres technologiques.  Ils ont en partie raison.  Afin d’exclure ce facteur, on peut analyser les évaluations par secteur.  Dans le graphique suivant, on constate que tous les secteurs se transigent à une évaluation relative plus élevée que l’historique.

Évaluations par secteur : Monde vs États-Unis (États-Unis) :

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L’élection de Donald Trump a engendré beaucoup de volatilité.  Le président peut renverser la tendance du marché en un seul tweet.  C’est ce qui s’est passé dans la 1ere moitié de janvier, avec le début du discours sur les tarifs. Le marché panique et les aubaines surviennent.  Avec la toile de fond positive qu’on a dans le moment (inflation, taux en baisse et croissance des profits des sociétés), l’achat de titres de qualité pendant les moments de panique s’avère une bonne stratégie.

Sentiment sur le marché boursier américain :

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CONCLUSION :

À l’exception de certains titres technologiques américains, les marchés boursiers sont correctement valorisés.  Les primes de risque sur les obligations demeurent également attrayantes.   La stratégie demeure d’utiliser la volatilité des marchés (acheter en période de panique et vendre en période d’euphorie), afin d’acquérir des titres de qualité à une valorisation fondamentale raisonnable.

Frédéric Mercier CFA, SIPC

Directeur – Marchés financier

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